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French Studies 2003 57(1):11-25; doi:10.1093/fs/57.1.11
© 2003 by Society for French Studies
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Les Tragiques D'Agrippa D'Aubigné: Les Qualités D'un Témoignage Ou Écho D'une Histoire Qui Est Arrivée Et D'une Histoire Qui Aurait Pu Être

Agnès Conacher1

1 Queen's University, Ontario

La critique actuelle des Tragiques de d'Agrippa d'Aubigné est souvent rebelle à une lecture générique de ce texte qui efface et nie constamment la généricité dont il semble relever. Plutôt que de renoncer à une analyse générique, il est possible d'intégrer et d'unifier la pluralité des genres à l'oeuvre sous la catégorie du témoignage, surtout si on définit ce dernier comme ‘un récit palimpseste’, (suivant Salman Rushdie), soit un récit hanté par le fantôme d'une autre histoire. Toujours sur le point de d'être quelque chose mais sans jamais le devenir, le témoignage peut être perçu comme un genre littéraire inclusif plutôt qu'exclusif. En tenant pour acquis le rôle de témoin de d'Aubigné, les critiques ont souvent tenu pour acquis la présence du témoignage, mais sans jamais véritablement montrer comment ce genre constituait le texte lui-même. Cet article propose une lecture des Tragiques comme témoignage en exploitant le fait que ce texte est constamment sur le point de devenir une épopée (classique) mais ne le devient jamais vraiment. Ainsi, dans les deux premiers livres, le récit, accrédité par la présence de d'Aubigné, le soldat, peut être considéré comme ‘une épopée du et au quotidien’; puis dans les livres IV et V, la narration assurée par d'Aubigné, le survivant, transforme l'épopée en une épopée ‘négative’. Enfin, dans les deux derniers livres, le récit authentifié par d'Aubigné, témoin de Dieu, oriente le texte vers une épopée mystique.


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