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French Studies 2003 57(2):181-193; doi:10.1093/fs/57.2.181
© 2003 by Society for French Studies
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Le ‘Monstre d'Or’ de Mallarmé

Don A. Monson1

1 College of William and Mary

Interprété le plus souvent comme un ornement, le ‘monstre d'or’ évoqué au début de Toast funèbre de Mallarmé est en fait une image eucharistique intimement liée aux principaux thèmes de l'oeuvre. Fondée sur une combinaison complexe de procédés syntaxiques et rhétoriques, cette image sert à nier la ‘présence réelle’ du Christ lors de la célébration de la messe. Par ce moyen, Mallarmé exprime son refus du christianisme et de l'espoir qu'offre cette croyance d'une survie de l'âme dans l'au-delà.

Cette lecture de l'image est appuyée par de nombreux éléments thématiques et stylistiques semés à travers le poème. Dans la première partie de l'oeuvre, diverses images chrétiennes traditionnelles sont subverties par inversion ironique pour devenir leur contraire, un peu comme le dieu dans la coupe est dépeint comme un monstre. Dans la seconde partie, cette même imagerie chrétienne est déployée à nouveau, mais cette fois-ci à l'appui de la religion personnelle de Mallarmé, le culte de l'art. L'oeuvre poétique se présente comme la seule chose capable de survivre au néant de la mort. Remplaçant l'eucharistie que refuse le poète, c'est aussi le rite qui célèbre cette survie. Théophile Gautier, à qui le poème est dédié, serait exemplaire pour avoir subordonné tout désir d'immortalité personnelle à son devoir de perpétuer la beauté de ce monde en la préservant à travers la poésie.


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